Poèmes

Terre Sépia




Une vitre embuée
qui se gonfle et se dégonfle comme un ventre
des formes qui passent
et la pluie

la pluie pour ce très vieux pays.




***





Les façades raturées
d’un hameau coupé en deux par la grand’ route.

Ce peuple de corps verticaux
immobile
cette chair qui attend d’être.



***





Ici la brume est un matin
qui n’a pas cédé sous le poids du jour.



***





Le bois qui grince
appelle
se souvient
ou bien témoigne de sa fin.



***





Il y a parfois des gens qui s’aiment
qui s’aiment au point d’oublier
ce vent venu de loin pour les caresser
comme les promesses de la mer
caressent le rivage.

Leur amour – un visage
en surexposition.



***





Quelques silhouettes à la soupe populaire
se forçant à manger un peu
les chaises vides autour d’elles – un cimetière

réapprivoiser le silence.



***





De vieux silos à grains
beaux comme des cathédrales
et ces champs
où pousse une étrange religion.



***





Un train passe
sans rompre le silence
à son bord de petites boules de poussières s’élèvent
neige de lumière
paix.

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